En tant que théorie, l’Elasticisme peut provoquer certaines réserves voire des critiques polémiques quant à sa pertinence, sa cohérence et sa justesse. Le premier reproche fait à l’encontre de Thomas Taylor par ses confrères est d’avoir réduit des phénomènes dont l’enchaînement causal est soumis à la sensibilité des conditions initiales au simple fait du sujet et de son épanouissement personnel. Pour ces détracteurs, les événements de société résultent de multiples facteurs incontrôlables, non prédictibles et non assimilables au sujet seul. L’Elasticisme, comme pensée du Sujet, le placent comme seul arbitre ; ses opposants contredisent cette toute-puissance de la subjectivité, qui conduit à nier des notions établies comme universelles : le Bien, la Justice, le Bonheur... . Deux visions sont possibles : celle d’un monde où certains principes demeurent inaliénables et universellement reconnus, et celle d’un monde sujet à l’entropie, au changement, à la diversité des points de vue, qui est celle de Thomas Taylor.
On reprochera plus tard à l’Elasticisme son pessimisme passif, c’est-à-dire cette position confortable de ne jamais donner de jugement de valeur ni de marche à suivre ou de morale, se contentant de «compter les morts», constater la faillibilité de toutes choses. Ainsi si l’Elasticisme démontre la vulnérabilité et la faille dans l’être humain, il ne propose aucune solution pour rejoindre l’idée de «progrès», de dépassement de ces restrictions. Face à cela, Taylor revendique la neutralité comme nécessaire à une analyse objective et une meilleure compréhension des comportements humains, affranchies de toute orientation moraliste ou idéaliste.
Les pratiques artistiques élasticistes ont peut-être la faiblesse d’être très spécialisées, concentrées sur un axe de travail qui, en éludant l’aspect universel de la théorie, créent parfois des paradoxes. Ainsi, on peut voir dans les photographies d’Olivier Méliès sur les frontières naturelles des fenêtres ouvertes sur un ailleurs, c’est-à-dire, au contraire de la barrière, un nouvel horizon offert au regard, une perspective ouverte. Ainsi, dans de nombreux travaux qui ambitionnent de travailler sur la limite, on peut déceler le dépassement de quelque chose d’autre : le registre iconographique, de nouvelles sensations... . Le travail de Giuseppe Volpe est le paroxysme du paradoxe ; cet artiste franco-italien travaille sur l’échec, la faille, donc le retour de l’élastique. Or parvenir à traiter de l’échec, donc à montrer l’échec (fond et forme les plus cohérents possible) revient à achever, créer quelque chose, donc d’une certaine façon, à réussir. Mais réussir quelque chose qui se voulait montrer l’échec, c’est aussi échouer ; ainsi il est impossible d’atteindre la tension maximale, la limite est inaccessible : on atteint donc la limite de la limite.
Enfin, et c’est la critique de nos jours la plus répandue, on reproche à l’Elasticisme de simplifier à outrance des phénomènes complexes, en rassemblant en une seule théorie des données de l’ordre de la psychanalyse, de la sociologie politique ou même de la physique quantique. Réduire tous ces domaines de savoir à une image applicable partout (celle d’un élastique), est selon certains trop lacunaire, et démagogique. Selon les scientifiques surtout, c’est de la parfaite vulgarisation, une vision naïve du monde, erronée et surtout, absolument pas sérieuse. Certains philosophes défendent au contraire cette schématisation simple et efficace fédérant divers domaines de connaissances, qui démontre une sorte d’unité et de logique dans le fonctionnement du monde, lequel devient cohérent et inter-actif (dont les faits et les actes inter-agissent les uns avec les autres).