Thomas Taylor Junior est né en 1903 à Pemberton, Australie. Sa mère, Sarah Willmott (1885/?) confie l’enfant, dont la naissance n’était pas désirée, à l’orphelinat Little Taddies Child Care Centre de Pemberton où Thomas Willmott passera ses premières années. Elevé dans diverses familles d’accueil, il se consacre aux études avec acharnement. A l’adolescence, il entreprend des recherches sur ses parents ; les archives de l’orphelinat lui révéleront le nom de son père, Thomas Taylor (1880/?) dont il choisit dès lors de porter le nom.
Après un cours passage à l’Université d’Adélaïde, il se consacre à la recherche et à la lecture de Descartes, Nietzsche et Heidegger en même temps qu’il se passionne pour W. Shakespeare, V. Nabokov et J.L. Borges. Ses premiers travaux portent sur l’analyse de la phénoménologie Husserlienne, puis sur les comportements sociaux au sein des colonies de vacances, microcosmes idéals pour l’étude des comportements primaires selon Taylor.
En 1920, Thomas Taylor entreprend de longs voyages à l’étranger, notamment en Angleterre, au Canada et en Allemagne, où il rencontre brièvement son contemporain Hans-Georg Gadamer. Ces voyages sont autant de découvertes intellectuelles qui enrichissent peu à peu sa pensée ; de cette période naît aussi un engouement pour la botanique et l’entomologie. Ses croquis à l’aquarelle, extrêmement détaillées, ont aujourd’hui disparus ; on en trouve encore quelques descriptions imagées dans le journal de son disciple Matthew Wilson.
De retour en Australie, il exerce la profession de tondeur de moutons pour une entreprise d’import-export de laine, métier alimentaire qui, selon lui, favorise un vide mental à même de faire travailler les fonctions les plus élaborées du cerveau, celles qui [dxt Taylor] «travaillent en silence dans l’obscurité des zones reposées de la conscience». En 1933, il publie enfin Effort et Bonheur, ou les enjeux de l’ambition dans The Australasian Journal of Philosophy (AJP), thèse qui lui vaudra d’être remarqué par la sphère philosophique australienne de l’époque. Ce n’est qu’en 1937 qu’il prononce le terme d’Elasticisme, clairement théorisé dans Théories Elasticistes en 1938/1939. Taylor étant encore peu connu, cet ouvrage paraît en édition limitée, épuisée en moins de quatre semaines dans les milieux intellectuels locaux. Les rares archives ayant survécu à l’incendie auquel succéda la faillite de la librairie White and Co, détentrice exclusive des ouvrages de Taylor, appartiennent aujourd’hui à des collections privées et ne sont consultables que sur rendez-vous ; ceci constitue un énorme dommage à la philosophie moderne, que Thomas Taylor avait anticipé sur de nombreux points.
Matthew Wilson (1915/1978) est le petit-fils du parrain du cousin au second degré de la grand-mère de Thomas Taylor, du côté maternel. Taylor se lie d’amitié avec ce lointain parent lors des recherches menées sur ses racines, et devient son mentor et aîné spirituel. Matthew ne l’accompagnera pas dans ses voyages, mais poursuivra des études de lettres et de théâtre avant de rejoindre le cabinet d’études de Taylor, dans les années 30.
On suppose une liaison principalement épistolaire entre Thomas Taylor et une jeune comédienne Canadienne, Julie Quétaine, sur laquelle celui-ci restera très discret.
Sa mort brutale survient en 1957, lors d’une tonte de moutons. Un Tiger Snake (l’un des serpents les plus mortels d’Australie) aurait affolé le troupeau ; accroupis près d’une brebis, Taylor n’aurait pas eu le temps de se relever et aurait été piétiné par le bétail. Faute de secours rapides, il décède de ses blessures. Le corps, altéré par les charognards, n’aurait été identifié qu’au bout de trois semaines.
Après le décès de son maître à penser, le jeune Matthew Wilson émigre en France où il fera connaître l’Elasticisme à un petit groupe d’intellectuels auvergnats. Intégrant une troupe de théâtre amateur, il abandonne ses recherches théoriques après avoir publié des recueils de poèmes et quelques écrits lyriques.
